journal intime,poésie,spectacles peinture
"On ne saurait se contenter de l'énumération des occasions de s'indigner, si nombreuses et si justifiées soient-elles. Rejetons, certes, le fatalisme qui nous guette; Mais le choix n'est pas entre la résignation et l'indignation. Il n'existe, à vrai dire, de" juste indignation" qu'éclairée par l'espoir d'un monde meilleur, par l'exigence d'un progrès. Aucri de l'indignation et de la révolte, nécessairement éphémère doit se substituer la patience du raisonnement au servic...de l'espérance. Il ne faudrait pas que le texte cinglant de Stéphane Hessel soit utilisé pour contribuer aurègne des passions tristes qui affecte une humanité de plus en plus fermée à la joie où l'envie distribue les rôles entre les arrogants vainqueurs de la compétition sociale et les aigris qui n'y ont plus part"
Dominique Lecourt
philosophe, professeur d'université à Paris-Diderot
Ce texte est la conclusion d'un article paru dans le journal "La Croix" du mardi 11 janvier 2011
en réaction au petit livre de Stéphane Hessel dont je vous ai déjà parlé ( aux dates du 1 et 2 janvier)
Dominique Lecourt attire notre attention sur l'ambiguité du sentiment d'indignation et sur les dérives qu'il peut entraîner
Alors ,oui, indignons-nous mais sans nous laisser prendre par la colère, par l'envie ou par la haine et la vengeance
Indignons-nous mais sans nous contenter de rêves ou de paroles vaines juste bonnes à nous fabriquer une bonne conscience
Indignons-nous mais sans perdre la joie de vivre et l'espoir d'oeuvrer pour un monde meilleur ,plus juste, plus humain
Indignons-nous mais sans oublier que la grande force, c'est celle de l'amour