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"L'art de consentir distingue deux choses que l'on confond souvent : l'espoir et l'espérance. L'espoir , parce qu'il peut être déçu risque toujours de se retourner en son contraire. L'espérance, quanr à elle, a déjà surmonté le désespoir. Car l'espoir est fondamentalement attente : attente angoissée ou impatiente de ce qui n'est pas encore.
L'espérance, quant à elle, est attention à ce qui se donne.
L'espoir vise l'avenir; l'espérance se conjugue au présent et contemple ce qui s'y donne. Elle vit de ce qui se révèle au coeur de l'abîme, comme participant du Bien. De l'homme qui, dans sa vie, est tombé cent fois, l'espérance retiendra que cent fois il s'est relevé.
Parce qu'elle est par essence réception à ce qui se donne, l'espérance est sauve de ce qui menace tout espoir : la déception.
Armé de l'espérance, vous voilà donc libérés de la peur de rater quelque chose...
le "bon choix" ne dépend pas tellement du choix que l'on fait que de la bienveillance avec laquelle on accueille les possibles que libère la décision, une fois qu'elle fut prise et quelle que soit celle qui fut prise. En ce sens, on fait toujours le bon choix : le seul choix qui soit vraiment mauvais serait de ne pas choisir, d'en rester à cette indécision qui retient au seuil des possibles....La décision prise a une priorité définitive qur celle que l'on n'a pas prise parce que celle-là et non celle-ci, mérite désormais notre confiante adhésion et toute la force et toute la force qu'on peut lui offrir."
Martin Steffens (Petit traité de la joie
Consentir à la vie)