journal intime,poésie,spectacles peinture
Si je n'avais qu'une heure à vivre...
Oh l'immensité de cette heure!
Comment remplir intensément
cet ultime espace de temps ?
Tout ce qui me resterait de vie
ramassé en une heure.
Cela me rendrait très grave;
Je rentrerais au fond de moi
pour choisir ce qui mérite
d'éterniser cette heure :
une musique que j'aime,
un poëme qui m'émeut,
une prière qui me rassure,
un paysage qui m'apaise?
Non !
Je chercherais plutôt un être humain
qui me parle au coeur
un être qui me ravirait
par notre transparence réciproque,
un être qui me confirmerait
dans ma certitude que ce que je sens de lui,
ce qu'il sent de moi,ne peut périr.
Et dans ce moment d'éternité,
nous ne saurions plus qui de nous deux
va mourir ou continuer de vivre car,
au point que nous aurions atteint,
les deux seraient indifférents. Louis Evely
(1910-1985)