
-Comment vas-tu?
-Très bien,très bien, très bien...je n'y puis rien,si je vais très bien;
Comment donc,me dis-je à part moi,puis-je aborder un ami en l'assommant avec une question aussi indiscrète..je ris pour masquer ma gêne et j'oriente la conversation sur un sujet moins épineux telle la prochaine conférence sur l'art et la science à laquelle nous assisterons en février.Il va me chercher les notes que le conférencier lui a déjà données...fait quelques commentaires puis me regarde et ,naïvement,me dit:
-"Au fait,tu voulais peut-être qu'on parle d'autre chose?
-Je souris,amusée:"non,je n'avais pas d'idée préconçue...Je suis venue avec le seul désir de voir l'ami,de respirer le même air que lui quelques instants,de sentir au-delà des mots la température interne de son être...
Et me voilà attristée de cette réflexion anodine...Pourquoi fait-il semblant d'être disponible,mon charmant ami,puisqu'il ne l'est pas...et,sans doute n'y est-il pour rien,là non plus?
Pourquoi feindre d'être prêt à m'écouter...Je ne puis lui parler de moi que s'il s'ouvre lui-même de ce qu'il ressent?...Aujourd'hui,il n'en est pas le temps...pourquoi et de quoi éprouve-il le besoin de se défendre?
Mon coeur est "un buisson de questions"..La rencontre n'a pas vraiment eu lieu ou du moins nes 'est pas concrétisée par des mots-partage...Un autre jour peut-être...Je respecte son choix et lui garde,intacte,mon amitié.
(Je crois que c'est René Char qui a dit:"nul oiseau n'a le coeur de chanter dans un buisson de questions")