journal intime,poésie,spectacles peinture
Ce spectacle tourne depuis un an sur les routes de France et Trintignant nous annonce qu'il sera le dernier, le 17 janvier prochain...IL a 80 ans passés
Il est accompagné par le violoncelliste Korniluk et l'accordéoniste Daniel Mille, son complice. Ensemble ils ont dit Aragon et Apollinaire
Burlesques, fantaisistes et pourtant profonds,
L'air de rien,
L'air de ne pas y toucher,
ces poèmes dits par Trintignant
nous emmènent loin
ils posent notre regard sur l'essentiel
Il y a aussi des poèmes de résistance
de Desnos
La musique nous aide agréablement à passer d'un poème à l'autre,
les deux musiciens jouant tantôt ensemble, tantôt séparés,
leur présence étant aussi essentielle que celle de l'acteur .
Certains de ces poèmes sont très connus, d'autres moins...mais même ceux que l'on connaît, on les entend avec une résonance nouvelle, comme si c'était la première fois...Trintignant donne à chaque mot une saveur nouvelle et les plus simples ne sont pas les moins juteux...Il sait donner de la légèreté aux choses graves et de la profondeur à ce qui peut, au premier abord , paraître superficiel.
Il est assis dans un fauteuil et va y demeurer pendant presque tout le spectacle...Il ne se lèvera que pour un seul poème...mais cela n'enlève rien à sa présence, il est là, intensément là....Quand il nous dit "Le dernier poème" de Desnos, on ne peut s'empêcher de penser que lui aussi est cet homme qui voit sa mort arriver et qui la regarde bien en face....
Et il termine par ces mots de Boris Vian : "pourquoi je vis?
parce que c'est joli."
Et devant l'intensité des applaudissements, il dit un autre poème : Barbara
J'ai le sentiment d'avoir assisté à une intense leçon de Vie
C'est un moment que je n'oublierai pas.