journal intime,poésie,spectacles peinture
Elle était assise dans un coin de rue,une boîte devant elle, espérant que quelques passants lui offfriraient l'aumône de quelque pièce..mais elle était si transparente qu'elle semblait se confondre avec le mur gris auquel elle était adossée...
Et, dans son regard j'ai lu ce qu'elle se murmurait à elle-même...
Vivante
je suis enterrée
Bouche ouverte
je crève
Personne n'y peut rien
Et vous non plus !
Vous détournez la tête avec dégoût
Je m'excuse de vous déranger
je voudrais me dépêcher.
Oh! Voir cesser cette agonie !
Cette nausée! ce hurlement! ce râle!
Chaque mort est une nouvelle naissance
mais la mort de qui n'est pas né
de qui n'a pas fait son chemin
de qui est avorté !
Enterrée vivante je suis
pour crier sans fin
l'angoisse horrible de tout ce qui a avorté
hier, aujourd'hui et demain
Criez jusqu'à la fin des temps
vous qui savez vivre
Ne m'en voulez pas
Moi je ne suis pas née
je suis eulement enterrée.
Mais la terre qui me recouvre est transparente
et laisse voir
et laisse entendre
ceux qui au dehors savent vivre.
Je sais que la vie existe
je sais que la vie est belle
mais je ne peux y atteindre
je ne peux y toucher
CRIEZ POUR MOI !