journal intime,poésie,spectacles peinture
Ma voisine est une personne qui vit, l'été surtout, repliée dans sa cuisine où elle cherche la fraîcheur et l'ombre mais elle est toujours accueillante et aimable et désireuse de rendre service...J'ai justement n petit service à lui demander, je vais donc la voir et elle accueille ma demande avec plaiisr.Et elle m'offre le café..Et nous bavardons un moment..Et les mêmes propos reviennent sur sa bouche: "autrefois, les enfants ça filait droit..de mon temps..."
Je l'écoute avec bienveillance car je sens bien que je ne peux pas la sortir de cette litanie attristante, elle a besoin de penser au bon vieux temps comme à une période bénite où tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes...Et cela ne semble pas la démoraliser..C'est ainsi, c'est tout.
Moi, j'ai besoin de porter un autre regard sur le monde car sinon, comment garder le goût de vivre avec de telles pensées?
Mais, elle, sans doute le vit-elle autrement? Elle a besoin de se réconforter en embellissant ses souvenirs de jeunesse...
Et moi je me réconforte en lisant des propos comme ceux-ci :
"J'ai la naïveté decroire qu'on ne demande pas assez aux hommes; J'ai la candeur de penser que sous la mesquinerie commune sommeillent des héros et des saints; beaucoup s'agrippent à quelques sous qui, si on leur proposait pour de bon de donner leur vie tout entière, seraient prêts à le faire. Beaucoup se jtttent par la fenêtre qui, si on les invitait à être brûlés, écartelés, crucifiés tête en bas par amour de Dieu et des hommes, retrouveraient le chemin de la .porte. Le plus chétif fonctionnaire des postes, il suffit de gratter un peu le vernis, et nous trouverons en lui un hardi Don Quichotte...."
Fabrice Hadjadj (Réussir sa mort)