journal intime,poésie,spectacles peinture
Très bonne soirée
Nous allons au théâtre ...Nous avons juste eu la note de l'auteur que nous ne connaissions pas encore
Il est l'auteur de la pièce (paru chez Actes-Sud Papiers)
Il en est aussi l'unique interprète.
Avec un brio et une justesse rares, il incarne tout à tour le jeune Nabil, le père de l'enfant, son copain Jean-Luc, la grand-mère du copain, le professeur...
Beaucoup d'humour, de cocasserie, mais aussi une réflexion profonde sur tous ces gens qui veulent faire le bien de ceux qu'ils aiment sans jamais prendre le temps de les écouter vraiment mais en suivant leur désir personnel...Il nous les montre dans leur côté ridicule mais il sait aussi nous les rendre émouvants...Nous partons, le coeur en fête, car nous avons bien ri...mais nous nous sentons aussi plus humains, plus lucides, conscients que pour aider ceux que nous aimons, il vaut mieux agir autrement que ces braves gens.
Notes de l'auteur
Pour mes parents, les clés du savoir, de la réussite et de la vérité, c'était l'école.
Et pour mon bien, j'avais un seul mot d'ordre:
"Eux savent tout, nous on ne sait rien"
Le point de départ de mon travail est autobiographique. en sixième, un camarade de classe a eu un grave accident.
Afin de lui éviter un retard trop important, je lui apportais régulièrement ses devoirs à la maison. Pour me remercier, la grand-mère de cet ami a décidé de prendre en main mon éducation. Elle m'a fait comprendre qu'avec un prénom comme le mien, je ne pourrai jamais prétendre à de grandes choses. Elle m'a donc baptisé"Noël", m'a fait des mèches blondes, m'a inscrit à l'aumônerie, mes notes à l'école étaient bien meilleures et je trouvais tout cela extraordinaire .
Tous les personnages ont donc un ancrage dans mes souvenirs, mais ils ont été étirés, poussés dans leurs retranchements...Car nous sommes bien loin du genre de l'auto-fiction,, mais bien dans l'univers de l'épopée. Chacun est persuadé d'agir pour le bien d'autrui....
..."L'ignominie de la bonté" que je m'amuse à déceler, la "bonté" de la grand-mère qui veut sauver Nabil en lui donnant un autre prénom, la "bonté" du père de Nabil qui lui demande de ne pas lui ressembler.
La violence part souvent d'un bon sentiment... Nasser Djemaï