journal intime,poésie,spectacles peinture
Hier, quand je citais cet extrait de Guy Corneau sur l'autonomie, ce passage me paraissait lumineux...Certes, c'était un idéal difficile à atteindre...
Deux commentaires, ceux de Andrée et de Tilk, m'ont fait comprendre que l'on pouvait l'interpréter tout autrement que je ne l'avais fait...
Donner pour la joie de donner sans rien attendre puisque déjà nous sommes réjouis par la joie que nous prenons à le faire...D'accord ! Mais cela ne veut pas dire que je ne vais pas me réjouir aussi de ce que l'autre va me donner et nous allons nous enrichir ainsi de nos échanges mutuels.
Ainsi, cette attitude ne comporte aucun risque de narcissisme ou de solitude...
Je n'attends rien..L'autre demeure libre de donner à son tour ou de ne pas le faire...S'il ne le fait pas, c'est peut-être que cela lui est impossible ou pour toute autre raison qui ne me concerne pas...
Je n'attends rien mais j'accueille avec joie tout ce qui vient et, comme le galet qui se laisse polir par tout ce qui le touche, je reste relié à tout ce qui m'entoure et me façonne...
La première attitude n'exclut pas la deuxième, au contraire, elles sont complémentaires...C'est aussi parce que je sais recevoir ce que l'autre m'apporte que je peux donner en toute liberté sans rien demander à l'autre.
C'est ainsi que j'entends ce que nous dit Guy Corneau...Nous sommes reliés à tout ce qui vit, il est impossible de vivre enfermés dans sa bulle..mais donner sans rien attendre nous libère..
Je garde précieusement en moi ces mots qu' une vieille dame que j'allais régulièrement voir dans sa maison de retraite m'a dit un jour...
C'était un jour de grand froid..J'arrive auprès d'elle, je l'embrasse et prends ses mains dans les miennes;
-Oh, me dit-elle, comme vos mains sont glacées, laissez-moi vous les réchauffer..et comme cela, à votre tour, vous pourrez réchauffer les mains de quelqu'un d'autre...
Elle qui recevait si peu, elle n'avait plus de famille proche et je devais être une des seules personnes venant la voir régulièrement...elle qui se perdait dans ses souvenirs, qui ne savait pas toujours bien qui elle était...elle n'avait pas oublié d'aimer ...Dans sa détresse elle avait su garder l'essentiel. Et même dans cet état de dépendance où elle se trouvait, elle était autonome ( affectivement ) .