Il y a quelques jours, je suis allée au théâtre.
On jouait "le pulle",opérette amorale de Emma Dante.
"Chaque spectacle de cette auteure et metteuse en scène italienne est comme une éruption : beau et violent,coloré et dangereux". C'est ce que je lis sur la petite feuille de présentation mais il faut voir le spectacle pour comprendre que ces mots là ne sont pas excessifs mais peut-être en-dessous de la réalité..Car,ce spectacle, on le reçoit en pleine figure, c'est réellement un choc...
Les textes et les chansons sont en dialecte sicilien...Une traduction s'affiche.
Emma Dante conçoit ses piéces comme des paraboles, comme "un échange intellectuel entre les acteurrs et le public"..Elle y parle de la famille, de la mafia...Et ici des travestis...
Et la plongée qu'elle nous fait faire dans leur monde est violente...J'ai d'abord ressenti de l'oppression et de la colère contre cet artiste qui nous infligeait pareille vision..Puis j'ai été très touchée, au bord des larmes tant elle a su nous faire pénétrer dans la souffrance de ces gens dont le propre corps est devenu un objet de plaisir pour les autres, ces gens qui, comme tout le monde, désirent être aimés et aimer...J'ai admiré les qualités des acteurs qui savaient tour à tour être chanteurs, mimes, comédiens, acrobates...
Le théâtre,ça peut servir à cela : nous obliger à voir ce qui nous dérange, nous en faire prendre conscience et ainsi nous permettre d'avoir une pensée plus juste, plus proche de la réalité.