journal intime,poésie,spectacles peinture
Chaque parcelle de sa peau
hurle et frémit
dans l'attente de l'homme.
Attente violente,irritante,épuisante
Attente qui paralyse ses gestes,
gestes arrêtés dans leur mouvement
gestes qui ne peuvent prendre leur ampleur
et dont la brusquerie étonne
et traduit la faim.
Manque si énorme
et si fort centré sur lui-même
qu'il éloigne ceux-là même
qui pourraient l'apaiser
mais qui s'effarent de la demande trop grande.
Ne reste que l'homme à la curiosité ironique
Ne reste que l'homme habité par la bonté
mais vide de désir
et la faim la déchire.
Pourtant sa faim est respectable
Sa faim est signe de sa grandeur
Sa faim est désir de vivre...
Quel homme la fera naître à elle-même?
Quel homme la délivrera de son désir de mort,
de cette agressivité larvée dont elle s'égratigne,
jusqu'à faire venir le sang.
Et la plaie s'avive et s'enlaidit
Et la plaie fait peur
Et le cercle de la solitude s'agrandit
Elle vit dans un désert intérieur
et son être s'exacerbe et gémit...
Quel homme lui donnera l'arrondi de la féminité?