journal intime,poésie,spectacles peinture
C'est un grand chambardement,
c'est le grand chamboulement.
Il m'a ouvert sur le côté
Comme un sandwich il m'a ouvert
Il n'a rien mis dans le sandwich
mais il a enlevé ce qui obstruait
Il a enlevé ce qui s'infectait
puis il a refermé avec soin.
C'est du bon boulot, bien fait, avec soin.
Il est content de lui : tout s'est bien passé.
Moi, j'ai un trou dans la poitrine.
Je sens à l'intérieur un courant d'air
qui traîne et s'entraîne.
Là-dedans, on ne s'y retrouve plus,
chacun ne sait plus bien où est sa place
et si l'heure est venue pour lui de trépasser.
Le poumon qui reste va s'étaler,
c'est qu'il lui faut travailler pour deux désormais;
Il me semble qu'il se réjouit
de pouvoir prendre tant de place
et de se sentir si important,
si indispensable même.
peu à peu tout s'ordonne
et le désordre intime s'atténue
et la douleur aussi
et s'émerveille la Vie.