journal intime,poésie,spectacles peinture
Sept décembre
Ce n'est pas un jour ordinaire
c'est un jour anniversaire.
Nous l'avons fêté, cette année, avec un jour d'avance
avec deux couples amis
qui, en ce début décembre,
nous réservent toujours un jour ou une soirée.
Sept décembre
c'est le jour anniversaire
de notre fils,
le plus jeune,
le jour de son arrivée sur terre
et le jour de son départ,
dix-neuf ans plus tard...
Il aurait pu attendre encore un peu...
mais ainsi est la vie
fugace, éphémère, tragique
et cependant terriblement belle....
Et chaque fois qu'une joie nous arrive,
je me dis que je dois la vivre pour deux
puisqu'il n'est plus là pour s'en réjouir...
Oui, je l'entends qui me dit :vas-y, profites -en,
ouvre tes yeux, ouvre ton coeur,
ouvre-toi à la vie.
Je l'ai quittée parce que je la voulais
tellement plus belle que ce que j'étais capable de vivre,
alors vas-y...
Et c'est vrai, j'aurais l'impression de le trahir,
de le faire disparaître à nouveau
si je faisais la fine bouche,
si je ne tentais pas de cueillir
tous ces petits bonheurs qui viennent à notre porte.
Peut-être n'est-il venu sur cette terre que pour cela,
pour nous dire que la vie est joie,joie et douleur mêlées
mais joie tout de même.
Et qu'on ne me dise pas que mon enfant, je l'ai perdu...
J'ai toujours quatre enfants
dont un qui n'habite plus son corps de chair et qui est donc invisible
mais je ne peux pas perdre ce qui ne m'appartient pas
et aucun être humain ne peut appartenir à un d'autre, fut-il son enfant.
Ses retrouvailles, chaque année, ne sont pas tristes,
elles sont chaleureuses
et savoir que nous pouvons compter sur nos amis
pour marquer cette date au sceau du souvenir
est réconfortant et apaisant...
Et la vie continue avec ses joies et ses peines.