journal intime,poésie,spectacles peinture
Après une enfance dorée à Saïgon,Kim Thuy quitte le Vietnam avec d'autres boat people à l'âge de dix ans.C'est ensuite le camp de réfugiés en Malaisie, puis le Québec où elle vit depuis une trentaine d'années...
Elle a fait toutes sortes de métiers -couturière, interprète, restauratrice, avocate, restauratrice- avant de se lancer dans l'écriture.
C'est son premier livre où elle égrène ses souvenirs avec une maîtrise remarquable...De courts chapitres qui tiennent parfois à peine une page..Une centaine de pages, cent quarante trois exactement...Un style très simple et l'émotion nous submerge...Jamais d'apitoiement , même dans les moments les plus durs...
"Les gens assis sur le pont nous rapportaient qu'il n'y av ait plus de ligne de démarcation entre le bleu du ciel e tle bleu de la mer. On ne savait donc pas si on se dirigeait vers vers le ciel ou si on s'en fonçait dans les profondeurs de l'eau. Le paradis et l'enfer s'étaient enlacés dans le ventre de notre bateau."
"Nous nous sentions bénis d'être parmi les deux mille réfugiés de ce camp qui n'en devait accueillir que deux cents"
(Dans le camp, un jeune homme organise des cours d'anglais pour les enfants) "Il réussissait à soulever le ciel pour nous laisser entrevoir un nouvel horizon...Sans son visage, nous aurions certainement perdu le le désir de tendre la main pour rattraper nos rêves"
"Je n'ai pas crié ni pleuré quand on m'a annoncé que mon fils Henri était emprisonné dans son monde, quand on m'a confirmé qu'il est de ces enfants qui ne nous entendent pas , qui ne nous parlent pas, même s'ils ne sont ni sourds ni muets. Il est aussi de ces enfants qu'il faut aimer de loin, sans les toucher, sans les embrasser...Il ne comprendra jamais pour quoi j'ai pleuré quand il m'a souri pour la première fois. Il ne saura pas que, grâce à lui, chaque étincelle de joie est devenue une bénédiction et que je ne cesseraijamais de livrer combat contre l'autisme même si d'avance je le sais invincible.
D'avance, je suis vaincue, dénudée, vaine."
"Un horizon en cache toujours un autre et il en est ainsi jusqu'à l'infini, jusqu'à l'indicible beauté du renouveau, jusqu'à l'impalpable ravissement"