journal intime,poésie,spectacles peinture
J'ai besoin d'un peu de rêve en ces temps-ci
et j'apprécie ces quelques lignes écrites par Bruno Frappat dans le quotidien du 6 mai
"Mardi 1e mai, il y eut dans Paris 3 rassemblements ou cortèges. Ils avaient au moins un point commun : ils étaient joyeux. Les sarkozistes du Trocadéro, dont beaucoup montés de province, admiraient Paris dans son plus beau panorama, extasiés. Ils croyaient à la victoire.
Les"marinistes" du Front National étaient encore tout à la joie de leur score du premier tour, une sorte de victoire.
Les participants au gigantesque défilé syndical de l'après-midi étaient dans la liesse, plus nombreux que jamais, rendant presque grâce au candidat-président d'avoir, par sa provocation, permis à la tradition plan-plan du défilé syndical habituel de se muer en victoire du pavé.
Dans un moment de rêverie, on se prit à penser que ces trois foules auraient pu converger, se former en cortèges pacifiques et se retrouver, par exemple à la Nation, pour fraterniser, se féliciter réciproquement de vivre en France, un pays où la guerre civile se limite aux vociférations et au langage. Mais non, chaque foule avait sa propre idée et sa certitude de représenter, à elle seule, la France. Il appartiendra au Président de faire en sorte que ces trois masses, faute de se réunir sur le terrain des foules, éprouvent ensemble, dans leur coeur qu'elles ne font qu'un pays, une seule nation. Si l'on ne rêve pas un peu, un soir d'élection, quand rêvera-t-on?"
Bruno Frappat