C'est dans la pénombre que nous nous rencontrâmes.
Selon les habitudes anciennes, je tournai la poignée sans sonner...oubliant que depuis plusieurs mois je n'avais pas franchi cette porte..L'idée m'en vint à l'esprit mais j'étais déjà entrée et il venait vers moi en cillant les paupières...Il me reconnut et, partagé entre la joie de ma visite et la peur d'être surpris, il me dit :"Il est possible qu'elle vienne"...
Et déjà je la sentais dans mon dos. Pour moi, il m'était indifférent de la rencontrer...mais je ne voulais pas être la cause d'un conflit et le voyant ainsi, j'avais hâte de partir pour ne pas l'importuner.
il me dit :"Il faut patienter...J'ai tenté un chemin" et puis encore:"tu ne dis rien..à personne"
Qu'aurais je dit ? Il n'y avait plus rien à dire, ai-je pensé...
Et je me suis retirée, non sans l'avoir embrassée doucement, plusieurs fois...A quelqu'un qui meurt de soif, comment ne pas donner quelques gouttes d'eau?
Et je me suis retirée, vite , trop vite...En cet instant, il se montrait sans masque...
Il était accessible aux questions essentielles...Peut-être ?
Un ami véritable hésite-t-il à donner le coup qui ramènera l'être aimé à la vie ? Je n'ai pas osé et je le regrette...
"Je sais que je peux compter sur toi" me dit-il
Certes oui, mais le pas qu'il doit faire pour sortir de cette voie fatale, lui seul peut le faire...