journal intime,poésie,spectacles peinture
Quel goût de mort
cet amour que tu apportes ?
C'est une prison sans porte et sans fenêtre
sans même l'espoir d'un verrou
qu'un jour l'on pourrait pousser
sans même la vue d'un barreau
que l'on pourrait briser.
C'est une bulle cotonneuse
hermétiquement close
dans laquelle l'air se raréfie
et nos membres s'atrophient
et l'on y perd la vision
même de l'horizon
et le sens de la résistance
C'est un amour de faiblesse
où périr est le but suprême
où l'on devient victime et bourreau
à tour de rôle,
où chacun se fige tel un spectre
privé de mouvement et de liberté.
Soudain le goût d'être me pénètre
Je n'ai plus à me défendre
Il n'y a plus d'agresseur
Je suis hors d'atteinte
Il n'y a plus de bourreau
Je ne suis plus victime
et ma colère et ma frayeur
deviennent compassion et douceur.
Je n'ai plus peur
le bleu du ciel m'a envahi
et ma prison s'est évanouie.