journal intime,poésie,spectacles peinture
Hier je vous parlais de la ville de Marie Noêl : Auxerre, ville où elle a passé toute sa vie
Et Quichottine a eu la gentillesse de me donner un lien qui nous permet l'entendre parler avec son biographe
On peut aussi la voir et l'écouter sur le site de l'INA
http://www.ina.fr/politique/presidents-de-la-republique/video/CPF08008601/marie-noel.fr.html
...A 75 ans, c'était le premier entretien qu'elle acceptait...et elle dit que si elle devait recommencer sa vie, elle se cacherait encore plus qu'elle ne l'a fait...en voilà une qui ne recherchait pas la publicité..Et pourtant le génèral de Gaulle est venu lui rendre visite..Montherlant et Paul Fort l'admiraient..tous les jours, elle recevait des lettres qui lui venaient du monde entier...
Mais il faut que je vous dise pourquoi elle a tant d'importance pour moi.
C'est que je l'ai rencontrée il ya fort longtemps puisque je devais avoir douze ou treize ans quand, feuilletant un hebdomadaire auquel mes parents étaient abonnés, j'ai découvert un poème d eMArie Noël et il n'a cessé depuis de chanter dans ma mémoire tant il m'a enchanté..Il est triste cependant mais étonnammment, je n'ai pas entendu sa tristesse..Je me suis laissée bercer par sa musique, par cet amour si pur et si ardent qu'il continuait à rayonner mêm s'il n'était pas entendu et quand elle dit "j'en meurs", je crois qu'il était déjà évident pour moi que c'était pour mieux renaître...Un amour comme celui-là ne peut pas mourir...Bien sûr, si jeune, je n'ai pas réfléchi à tout cela en le lisant ....mais je me dis que c'est cela qui m'habitait sinon ces vers ne m'auraient pas empli de joie...Ou est-ce simplement de découvrir que, par la magie de la poésie, une douleur pouvait devenir beauté et donc se transformer en joie...
mais voici ce poème
"Mon bien-aimé descend la colline fleurie
De blé noir,
Très lentement par les champs pâles..C'est le soir.
Voilà mon bien-aimé !...-Suis-je bien aguerrie
Ma raison?_
Oui, le voilà qui passe auprès de ma maison.
Ne me regarde pas, bien-aimé,je t'en prie,
Si jamais
Ton regard n'était pas assez doux, j'en mourrais!
Ne me dis rien, tais-toi, bien-aimé, je t'en prie
Si jamais
Ton accent n'était pas assez doux, j'en mourrais !
Mon bien-aimé passa, voilé de rêverie,
L'âme ailleurs,
Sans me rien dire , hélas ! sans me voir et j'en meurs."
Marie Noël (Les chansons et les heures)
Et dès que j'ai eu un peu d'argent, à seize ans, argent que j'avais gagné pendant les vacances, j'ai couru chez le libraire pour m'acheter ce recueil de poème et mon livre, sous le bras, je suis repartie , fière comme une reine.