journal intime,poésie,spectacles peinture
Depuis que j'ai terminé ce livre, je ne cesse d'y penser et de vivre avec ce vieux peintre et ce chirurgien..On ne sait pas des deux lequel a le plus apporté à l'autre...
En voici quelques extraits
"Alors que son entourage était rongé d'angoisse, il semblait prendre un plaisir inattendu à découvrir ce que chaque jor lui réservait. Il portait sur tout ça un regard neuf"
"Le rire de ma femme..elle avait un rire de femme qui tombe dans la Seine..son rire est dans toutes mes toiles, son rire est ma palette...ma femme, je l'aime encore, celle qui était, celle qui n'est plus, celle qui est là comme celle qui n'est plus, celle dont l'absence me rend le présent si sensible et si troué...."
"Il paraît qu'une figure n'est pas un visage, et peut être abstraite. Un cercle est une figure. Mais pour moi toutes les figures sont des visages et je suis obligé de fuir."
"Parmi les malades, il y a peu de visages. On croise essentiellement des masques"
"Ce malade n'était pas comme les autres; Son regard n'était pas celui d'un animal pris au piège. Son regard était curieux, exploratoire , intelligent et amoureux. Son regard était plein d'appétit, plein de fatigue aussi à la fin, mais c'était le regard encore d'un homme."
"Avec lui je n'étais plus à l'hôpital, je n'étais plus docteur, j'étais juste intéressé parce qu'il avait à dire, et je ressortais de chez lui en me sentant meilleur, plus vaste, plus intelligent et plus beau."
"Le tableau qui fait face à mon lit est toujours nouveau, j'y découvre toujours quelque chose, je le connais et le découvre sans fin, nous avons une relation qui ne demande ni intellection ni mémoire, la mémoire n'y nécessite aucun effort, comme un ami avec qui on a tant vécu qu'on ne se rappelle plus rien, comme un ami dont la chaleur et la présence donnent sens et consolent sans un mot. La pure présence."