journal intime,poésie,spectacles peinture
Nous sommes en avril 1937 à Guernica.
Le jeune Basilio peint des hérons cendrés dans les marais, alors que tous redoutent l'arrivée des nationalistes.
Plus tard, à Paris, il découvre le "Guernica" peint par Picasso qui décrit la tragédie de la ville alors que, lui, le peintre célèbre, n'en a pas été témoin.
Tous deux nous font réfléchir sur les drames provoqués par la guerre et sur la nécessité de l'art pour nous parler de la condition humaine.
Voici quelques extraits :
"Il brûle de commencer à esquisser quelques traits...Mais ce serait oublier le temps des apprivoisements et prendre le risque de le mettre en fuite;
Non, il faut d'abord acquérir la certitude d'avoir été repéré par le héron. Lui laisser le temps d'évaluer tranquillement la menace, puis, minute par minute, de se rassurer sur elle.. Là seulement, il pourra maisser tomber le bras vers le sol, attraper un crayon gras et commencer à dessiner avec des gestes mesurés."
"Quand même, il doit falloir une sacrée patience, dit le soldat.
Faut surtout avoir envie de regarder, dit Basilio;
De bien regarder les choses.
Le héron, ce qu'on peut en voir et ce qu'on ne peut pas; Aussi, tout ce qui l'entoure. Tout ce qu'il y a dans l'air qu'on respire, le héron, toi et moi.
" Evidemment, dit le curé. Tu vois, je me demande si, toi et moi, on s'intéresse pas aux mêmes choses en fait.
Basilio lève les yeux.
Toutes les choses qu'on ne voit pas.
Tout ce qui palpite, sans figurer sur les images, ce qu'on éprouve avec force et qui se refuse à nos sens premiers, et dont on voudrait tellement témoigner pourtant."
J'ai bien aimé ce jeune peintre autodictate, Basilio, cette passion qui l'habite et qui lui fait sentir avec tant d'intensité toutes les vibrations de la vie...A la fin du livre on assiste à la rencontre de Picasso avec le jeune garçon..A nous d'imaginer la suite...