journal intime,poésie,spectacles peinture
" L'essence de la bonne écriture n'est donc pas pour moi le talent - notion spécieuse et floue - mais le courage de dire les choses telles qu'on les a réellement perçues et non comme un consensus de personnes "autorisées" souhaiteraient qu'on les ai senties.
Dans ce travail de cordonnier, je me suis très vite heurté aux insuffisances de langage qui découlent souvent de nos carences personnelles, mais existent aussi objectivement...En cherchant à rédiger ce qui devait être le simple compte rendu d'une longue route, je me suis aperçu qu'un certain nombre de choses refusaient d'être dites, et que plus elles étaient centrales et essentielles, plus elles renâclaient à être réduites à des mots. La raison de cette réticence étant, je crois, que le monde est sans cesse et partout polyphonique et qu'à ce monde nous ne prêtons par"insuffisance centrale de l'âme" (Antonin Artaud) qu'une attention monodique...ou pas d'attention du tout. Quand nous lisons la partition, nous n'en lisons le plus souvent qu'une ligne."
Nicolas Bouvier (L'échappée belle)
En lisant ces lignes, j'ai eu l'agréable satisfaction que Nicolas Bouvier exprimait exactement ce que j'ai bien souvent ressenti...lorsque désirant exprimer des sensations fugaces mais essentielles, j'ai eu la désagréable impression que les mots me fuyaient et qu'il n'y en avait aucun qui puisse traduire exactement ce que je ressentais..Et l'explication qu'il donne me convient tout à fait