journal intime,poésie,spectacles peinture
Par hasard je prends ce livre à la médiathèque...
Une fois de plus, c'est un livre qui nous met face à la barbarie humaine...
Rithy Panh est un cinéaste cambodgien.
Il alterne le récit de son enfance, entre 13 et 17 ans , dans les camps de la mort organisés par les kmers rouges
et ses entretiens avec le Dush , un des bourreaux qui dirigeaient ces camps..
Ses réflexions nous entraînent loin mais ne sont pas désespérantes.
Ils souffrent tellement de la faim (beaucoup en meurent) qu'ils se réjouissent quand ils peuvent attraper un rat ou un serpent et le manger
"Nous avons été brisés. Nous avons été submergés par la faim et la peur. Et toute ma famille a disparu en six mois"
"Nous avions perdu nos capacités physiques et morales de penser la liberté. Je pensais qu'à être vivant le jour d'après. Ne pas être tué."
Interroger Dush, alors que celui-ci a provoqué la mort de presque tous les siens, essayer de comprendre, vouloir que ce qui s'est passé ne soit pas oublié n'est certainement pas chose facile
"Pendant nos entretiens, j'ai été stupéfait de voir à quel point Dush était décontracté et attentif. Un homme bien tranquille, quelle qu'ait été l'inhumanité de ses crimes. A croire qu'il les a oubliés. Qu'il ne les a pas commis. La question aujourd'hui n'est pas de savoir s'il est humain ou non. Il est humain à chaque instant : c'est pourquoi il peut être jugé et condamné. On ne doit s'autoriser à humaniser ni à déhumaniser personne" .
"Tout le monde peut être un bourreau"dit encore Dush
Toute son oeuvre est un travail de mémoire (livres, films, documentaires)...Il pense que les cambodgiens peuvent retrouver leur identité et leurs racines à travers la mise en scène du réel.
Après la lecture de ce livre, deux questions essentielles se posent à nous :
Comment des êtres humains ont-ils pu , sans état d'âme, éliminer 1,7 million de cambodgiens simplement pour mettre en pratique l'idée qu'ils se faisaient de la révolution?
Et comment certains, comme Rithy, ont-ils pu être assez forts pour sortir vivants des camps de la mort, vivants et capables d'humanité, de compassion...Les horreurs qu'ils ont vues et subies n'ont détruit ni leur corps ni leur âme...
ainsi donc, l'homme peut être une ordure...Mais il peut aussi être une merveille...
Soyons lucides et gardons espoir.