journal intime,poésie,spectacles peinture
Depuis longtemps, depuis toujours peut-être, il s'est installé dans le malheur...Et ne lui dites pas qu'il peut en sortir...Il y est , bien, comme dans un fauteuil.
Il a décidé, une bonne fois pour toutes, que tout ce qu'il faisait aboutissait inévitablement à un échec.
Et, ma foi, il n'a pas tort, cela se passe souvent ainsi. Si le projet n'aboutit pas, pense-t-il, c'est évidemment parce qu'il n'a pas ou qu'il n'est pas assez ceci, assez cela...Il oublie que, si l'on est deux dans un projet, l'échec est imputable à l'un comme à l'autre des partenaires et s'attribuant une importance exagérée, il nie que l'autre puisse avoir un rôle lui aussi.
Il faut reconnaître que sa position a l'avantage de présenter un certain confort. Pourquoi ferait-il le moindre effort puisqu'il sait que tout va se terminer par un échec...Autant s'installer paisiblement sur son canapé....Bien sûr, à longueur de journée, dans cette position, il s'ennuie un peu...Et l'envie d'entreprendre quelque chose lui revient...Et il se lance à l'aventure.
Ainsi, l'autre jour, il invite une copine à venir avec lui à une réunion. Elle lui dit que son fils vient ce soir-là et qu'ils vont manger ensemble. Et voilà qu'en son for intérieur, il qualifie sa tentative d'échec. Et la belle dame aura beau lui dire que, si elle avait été libre, elle l'aurait volontiers accompagnée, il ne la croira pas une seconde.
Il y a quelque temps, cette expérience m'a été relatée :
On laisse traîner un billet de banque à l'entrée d'un édifice public...Et l'on constate que les gens qui s'estiment chanceux aperçoivent le billet aussitôt. Et ceux qui pensent n'avoir jamais la chance pour eux passent à côté sans le voir....
Et nous , saurons-nous le voir ce billet de banque, cette main tendue. Cette rencontre inattendue, saurons-nous l'accueillir ?