journal intime,poésie,spectacles peinture
"Je me retrouve, vingt ans plus tard, exactement dans la même atmosphère de ravissement qui m'a vu revenir à la vie une première fois en 1989. Je touche à la béatitude et à une sensation de liberté très intense. Je lâche prise, je fais confiance. Je vois d'ailleurs ce"lâcher-prise" comme un facteur essentiel de retour à la santé. Il représente un saut en dehors du moi poreux et sans cesse soucieux de son image et de sa survie. Pour une deuxième fois dans ma vie, je deviens indifférent au fait de mourir ou non de ce que j'ai. Fait rare dans une existence, la peur de la mort me quitte entièrement J'atteins un état essentiel de légèreté. Je me dis que, si ce que je pense est juste, si mon organisme a encore la capacité de se régénèrer, mon corps suivra. Car, du point de vue d'une approche globale, qui vise la guérison d'une vie, on peut mourir guéri même si l'on meurt de ce que l'on a. Cette conviction s'inscrit en moi en ces journées de joie profonde.
Je comprends alors que mon principal médecin sera ce qui simule en moi la joie de vivre. Oui, voilà ce qui va m'aider. Car véritablement, c'est la joie qui guérit."
Guy Corneau
Hier soir, je lis ces lignes...Je n'ai pas connu, de façon aussi profonde, un tel état...mais parfois, je l'ai touché du doigt, je l'ai approché, je sais que c'est vers cela que je dois approcher...Et je retrouve courage en le lisant