journal intime,poésie,spectacles peinture
Elle est venue me voir cette nuit.
Aucune parole.
Elle ne pouvait plus parler les dernières années de sa vie.
Aucune parole mais ses yeux parlent,
ils parlent juste,
ils parlent vrai,
ils disent cette tristesse sans nom qui l'habite, qui ne la quitte plus;
ils disent son regret d'être passée à côté de l'essentiel.
Et moi je me réveille sur cette rencontre.
Et je pense d'abord que c'est trop tard puisqu'elle n'est plus là.
Mais non, il n'est jamais trop tard:
les liens demeurent qu'on le veuille ou non...
Les liens demeurent
Et s'ils sont mal vécus, ils empoisonnent la vie de ceux qui les suivent...
Et ceux-là se sentent ligotés, emprisonnés par un tas de noeuds...
où ils se perdent, où ils s'enserrent,
et le cercle de la mal vie s'étend d'âge en âge...
Elle est triste, elle voit bien que ceux qu'elle aime se débattent dans les mêmes problèmes.
Et elle attend, sans un mot, que l'étau qui les empêche d'aimer, que les liens qui les ligotent se desserrent et qu'enfin ils puissent vivre, libres et fiers.
Alors la tristesse qui l'habite Se diluera comme neige au soleil et elle aussi poursuivra sa route...
A mon tour, je la regarde profondément....
Long est le chemin mais de belles petites fleurs peuvent surgir soudain et nous aider à avancer
Et comme le dit le poète Amado, chacun de nos pas construit le chemin.