journal intime,poésie,spectacles peinture
Je suis dans le TGV.
En face de moi, un couple.Tous les deux sont absorbés dans la lecture d'un livre et cependant, je sens immédiatement, dès mon arrivée, qu'ils sont très épris l'un de l'autre...Leur attitude , par la suite, me confirmera mon intuition première mais il n'y a , au départ, rien, aucun geste, aucun regard qui puissent m'orienter vers cette pensée...Néanmoins, je sens que chacun a su rejoindre l'intimité de l'autre et que les liens qui les unissent sont très forts.
A ma gauche, une femme est allongée sur deux places et dort...Un jeune homme arrive, la touche légèrement et lui fait signe que sa place est à côté de la sienne...Elle entr'ouvre les yeux et se redresse pour qu'il puisse s'asseoir et elle replonge dans le sommeil aussitôt...En face d'elle, un autre jeune homme occupe lui aussi deux places, il ne dort pas mais il a posé tous ses bagages sur le siège à côté du sien et il semble bien décidé à défendre son territoire...C'est du moins ce que je ressens....A un moment il se lève, va plus loin et pendant ce temps, voyant ces deux places vides, un autre homme arrive, il a voyagé jusqu'alors debout près de la porte et nous interroge pour savoir s'il peut s'installer là...La dame , en face de moi, lui dit que, puisqu'il y a deux places, il peut bien en prendre une...Lorsque l'autre revient, il se lève et s'explique...mais l'autre n'a pas envie de bouger ses bagages...alors il n'insiste pas davantage et va se reposter debout près de la porte...La dame , en face de moi, est choquée et intervient...Je suis aussi choquée qu'elle mais je ne crois pas que j'aurai osé intervenir...Elle lui dit gentiment mais très fermement sa façon de penser..Elle cherche mon regard et je l'approuve autant que je peux...Elle ne regarde pas son compagnon, lui a détourné les yeux dès le début de la scène et ne veut rien voir...Le jeune homme bougonne, c'est quelqu'un qui n'aime pas être dérangé...Quelques instants après, on le voit ranger ses bagages sous son siège et il va dire au monsieur que la place est libre...Celui-ci vient s'installer..Au moment de partir, il adresse un regard souriant à son compagnon de voyage mais celui-ci ne lui accorde ni un regard, ni le moindre sourire, il ne desserre pas les dents....
Cette petite scène , qui peut paraître anodine, me laisse songeuse
Et si la muflerie du jeune homme l'avait conduit à devenir violent, s'il avait agressé quelqu'un, serions-nous intervenus ?Aurions nous joué à celui qui n'avait rien vu ? Je m'interroge...
J'ai aimé la façon très ferme mais sans aucune agressivité dont cette dame a su parler au jeune homme