journal intime,poésie,spectacles peinture
De quoi parlez-vous?
Cela nous arrête instantanément.
Que répondre?
De quoi parlions-nous?
Pour montrer notre bonne volonté, nous résumons le sujet de notre conversation;
à la moue de notre interlocuteur, nous comprenons que nous avons eu tort, que nous aurions dû nous taire et risquer sa désapprobation, son incompréhension...
C'eut été préférable à ce mépris larvé qui se révèle dans cette moue dubitative...
Réduire le dialogue qui nous a unis avant son arrivée de façon aussi grossière, c'est lui enlever toute sa saveur.
Il est des questions qui ne permettent aucune réponse et celui qui les pose devrait comprendre qu'il n'a rien à attendre..Et que seul le silence est juste.
Mais pourquoi donc avait-il posé cette question?
Il avait cru leur faire plaisir, habitué qu'il était à s'avancer avec des formules courantes et à simuler ainsi un intérêt qu'il était bien incapable d'éprouver réellement.
Et si les deux autres lui disaient qu'il voyait clair en lui et qu'il ,masquait mal son indifférence, il serait tout égaré et il serait sincère : pourquoi alors qu'il s 'efforce d'être gentil, lui assène-t-on un coup de poing qui se veut être la vérité?
Il a pris l'habitude de vivre ainsi, toujours à double face, fuyant et plein de replis secrets et il se joue si bien la comédie à lui-même qu'il s'y laisse prendre