journal intime,poésie,spectacles peinture
C'est par ce petit pont qui semble suspendu dans les airs, mais rassurez-vous il est étroit mais bien solide que nous arrivons au bout du monde, dans le petit hameau de Fouillouse...La route s'arrête juste après et laisse place à un sentier...Nous sommes dans la vallée de l'Ubaye
Et là vivent (depuis toujours) un couple âgé qui tient encore le bar et cent mètres plus loin, leur fils qui a un restaurant...Les autres maisons du hameau ne sont occupées que pendant les vacances, mais plusieurs ont été bien restaurées.
Au retour de notre ballade, samedi dernier, nous nous sommes arrêtés au café, il y avait juste un peu de soleil à ce moment-là, la dame nous a servis un bon chocolat...Comme nous lui demandions des nouvelles de son mari, elle nous répondit qu'il se chauffait près du radiateur...Nous le voyons apparaître peu après, il s'installe à califourchon sur une chaise, nous invite à pousser notre table pour mieux profiter du soleil...
- Ou je me chauffe près du radiateur ou je me chauffe au soleil, c'est maintenant ma principale occupation, nous dit-il...
Autrefois, il a été guide. sa montagne il la connaît bien...Sa mauvaise santé ne lui a pas ôté son sens de l'humour et sa bonhomie...Des jeunes installés à une autre table lui posent des questions
- Est-il vrai que l'on a dénombré soixante loups dans la vallée?
Et lui répond avec un demi sourire : peut-être bien, c'est possible...J'en ai vu passer un l'autre jour, là, juste en face...
- Mais ne sont-ils pas dangereux pour les promeneurs? insistent-ils
Et lui, toujours souriant, leur répond: vous n'avez qu'à avoir un sucre dans la poche, et vous le lui donnez pour le calmer...
- Mais il ne va plus nous lâcher...Est-ce que vraiment il s'attaque à l'homme?
Et lui, toujours philosophe murmure ...
- C'est possible, c'est faisable...
Mais les jeunes semblent le connaître et ne semblent pas affolés pour autant.
Nous le laissons contempler sa montagne ...Lorsque l'herbe a poussé ce printemps, il y avait un chamois qui venait tous les jours, toujours à la même heure, juste là devant, nous dit-il
Il a beau être malade et isolé (ils ne doivent pas avoir des clients tous les jours) cet homme respire le bonheur.