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journal intime,poésie,spectacles peinture

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D'autres vies que la mienne de Emmanuel Carrère

  Il est des écrivains qui, en écrivant, prennent des risques. Car ils s'exposent...ils osent être authentiques...Et même s'ils parlent des autres, ils le font de telle façon que c'est aussi d'eux qu'ils parlent ou plus exactement de nous tous si tant est que nous acceptons d'y voir clair.
  Ainsi, Emmanuel Carrère dans son dernier livre "D'autres vies que la mienne"...Il nous parle de personnes réelles rencontrées dans sa vie réelle : les parents de la petite Juliette morte à 4 ans,victime du tsunami... sa belle soeur Juliette  morte à 30 ans d'un cancer, le mari de Juliette et  leurs trois petites filles,  l'ami  et collègue de travail de Juliette...et l'intensité de ces rencontres nous bouleverse...
  Il essaie d'être le plus juste possible dans sa façon de les décrire. Et délicatesse que j'ai appréciée, il donne à chacun de ses personnages le manuscrit à lire avant qu'il soit publié, avec la possibilité de supprimer ou de transformer les passages les concernant..Aucun n'a demandé le moindre changement.
  Il est vrai qu'il est plein d'attention et de respect pour chacun, qu'il n'y a pas trace du moindre jugement...Il est totalement poreux, il absorbe ce qui fait l'autre, il le fait sien...Ainsi que le disait le psychanaliste Michel Cazenave dont il parle dans son livre, il s'agit d'éprouver
"une solidarité inconditionnelle avec ce que la condition d'homme comporte d'insondable détresse"
 "U
  Et c'est d'autant plus admirable que dans son précédent livre " Un roman russe", il semble être absorbé par lui-même et ses secrets de famille.
  Ici, il  parle de la mort, il parle de la vie, du handicap, de la justice, de la solidarité qui fait de nous des êtres humains...
C'est un monde dans lequel il fait bon vivre;.
J'ai aimé la compassion qui l'habite dans ses contacts avec les autres, l'empathie dont il fait preuve, la justesse de ses portraits, l'évolution qui est la sienne, sa capacité à reconnaître ce que les autres lui apportent, comment ils lui permettent de devenir lui-même, de savoir aimr et d'accepter d'être aimé..

En voici quelques extraits
"La confiance qu'il m'accordait, il l'aurait témoigné à n'importe qui, parce qu'il n'avait jamais pris le pli de se méfier...Il ne jouait aucun rôle, n'avait aucun souci de mon opinion. Il n'était pas fier, il n'avait pas honte. Consentir à être sans défense lui donnait une grande force.
"Les larmes coulent sans honte, sans retenue; Il y a même de la joie à les verser. Car pouvoir dire "c'est dur", on en a marre sans crainte que l'interlocuteur se sente coupable, pouvoir el dire en étant sûr que l'autre entend ce qu'on a dit tel qu'on l'a dit, rien de plus, qu'il ne projette rien dessus, c'est une joie immense, un soulagement immense"

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M
Voilà qui donne envie de le lire.
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D
chère Gazou, merci de ta réponse... sur le fond du problème (écriture versus respect de l'intimité de ses proches), nous serons toujours en aimable désaccord... je faios un audacieux parallèle entre les écrivains "voleurs de vie" et l'humanité volée à ceux qui se promènent dans "Secret story" et nous transforment en voyeurs... Bien sûr, il ya l'art littéraire MAIS... Ah, que te dire... Merci de ton désaccord, qui nous enrichit tous les deux... Bises.<br /> <br /> Je t'ai retrouvé la mention du "rapt biographique" d'EC concernant Philip K. Dick (un d' mes écrivains favoris, d'où ma réaction : "Bas les pattes, EC !!! ") :<br /> <br /> Article Wikipedia % Emmanuel Carrère :<br /> <br /> " Essais :<br /> - Werner Herzog, Edilig, 1982, monographie sur le réalisateur<br /> - Le Détroit de Behring, POL, 1986<br /> - Je suis vivant et vous êtes morts, Le Seuil, 1993, biographie romancée de Philip K. Dick
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R
Prendre l'autre dans sa nudité d'humain, sa vérité sans fard, c'est je crois le plus difficile...<br /> En théorie, nous savons ce que nous devons faire, mais en pratique.... ne serait ce que par compassion, nous pouvons être maladroits et en faire trop pour consoler, alors que justement, l'autre n'a pas besoin d'être consolé, mais juste écouté....<br /> Merci de nous avoir présenté ces livres Gazou<br /> Bises de la nuit à toi
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Q
Un livre que je n'ai pas lu, mais que tu me donnes envie de lire.<br /> <br /> Merci Gazou.<br /> <br /> Passe un bon weekend.
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C
intéressant.<br /> bonne nuit<br /> clem
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