Une fin d'après midi,nous avons pu voir le film "Et la terre comme la langue"de Simone Bitton et Elias Sanbar sur le poète Mahmoud Darwich,mort en août 2008. C'est un des plus grands écrivains arabes...Né dans un petit village de Galilée, rasé en 1948 pendant la guerre alors qu'il n'a que sept ans...Il est le poète des vaincus , le poète des déracinés...Il a eu des problèmes cardiaques peu après le film..Il a longuement préparé sa mort et il l'a reçu comme une compagne avec laquelle il s'était habitué à vivre...Voici un de ses poèmes que l'on peut trouver dans "La trace du papillon" chez Actes Sud
Musique visible
" A l'écoute de la musique, des jardins s'ouvrent autour de moi et la mélodie devient une fleur que j'entends avec les yeux.
Le son possède une image et l'image une voix ondulée, ondulante...plus lointaine qu'une métaphore littéraire.
L'oeillet quitte ses bacs et se répand sur les tables des restaurants chic pour dédommager l'étranger d'une perte oubliée ou pour préparer celui qui attend à ce qui pourrait advenir.
Aucun embarras pour le narcisse s'il prolonge la chanson de la joie qui s'élève de l'eau et croit qu'elle chante ses louanges.Quant à la blanche tubéreuse, ses pensées me déroutent quand le salon est assez vaste pour contenir son parfum ample et piquant.
A la différence du lilas qui m'arrête à la croisée des deux voix qui se mélangent et se dissolvent dans la ressemblance entre les larmes des noces et celle des funérailles...à la différence aussi des coquelicots qui se contentent de la marge spacieuse sur les flancs des pastorales.
Tout cela pour dire que la rose rouge est une musique visible et que le jasmin est un message de nostalgie que personne n'adresse à personne"