Elle était sortie ce matin vêtue seulement d'une cotonnade légère afin que ses compagnons de travail, dès que l'un d'eux se trouverait en sa compagnie,puissent plus aisément profiter de ses rondeurs offertes à tout venant...
Il ne se passait pas un jour désormais sans que l'un deux la prit, il suffisait de soulever la cotonnade,elle était prête à s'offrir et le faisait sans aucune gêne, avec une passivité désarmante et une confiance aveugle...Parfois elle ne savait même pas quel regard avait le phallus qui la fouraillait et comme ils étaient là une petite dizaine à la connaître intimément, il n'était pas toujours facile, bien que chacun eut sa façon bien personnelle de la pénétrer, de savoir qui était là...Parfois , elle le reconnaissait à ses mains qui dégrafaient sa robe pour caresser ses seins au moindre appel. Et peu lui importait pourvu qu'elle puisse trouver quelqu'un qui la délivrât de son corps un moment...Parfois c'était l'extase...C'était toujours un moment d'oubli et même si l'étreinte n'avait duré que quelques secondes, il lui fallait toujours un peu de temps pour sortir de son égarement car elle partait en errance dès que l'homme l'affleurait...
Et lorsqu'elle allait au cinéma, il n'était pas rare que l'homme qui se trouvait par hasard, à côté d'elle, éprouvat le désir de glisser sa main entre ses cuisses puis son pouce dans son vagin et elle jouissait d'une longue heure de tendre égarement , elle ressortait titubante comme une droguée, prête à partir avec le premier bienfaiteur, et il se trouvait toujours quelqu'un pour lui proposer un peu de réconfort, parfois celui-là même qui l'avait approchée pendant la séance, parfois un autre alerté par les mouvements rythmiques dont elle avait inconsciemment accompagné la caresse de l'homme;
Elle attendait toujours l'homme qui la délivrerait définitivement de son corps, cette dépouille qu'elle traînait négligemment avec elle par obligation mais sans aucun dégoût cependant. ..Simplement, elle ne se sentait pas concernée par ce qui pouvait lui arriver. Elle se demandait parfois, dans les rares moments où elle réfléchissait, au mystère de son existence, comment se faisait-il que sa seule présence fasse naître le désir de l'homme car elle déambulait les yeux baissés, avec des allures de petite fille sage.
Elle se demandait aussi pourquoi cette offrande qu'elle faisait de son corps à qui le désirait, la laissait toujours à la fois comblée et pourtant insatisfaite ...Elle attendait toujours le prochain qui allait la libérer... L'homme qui viendrait tout à l'heure, serait le bon sans doute, c'était toujours le suivant qui devait être le dernier.
Et elle errait , éperdue, dans un no man's land angoissant...Quand habiterait-elle enfin son corps?Quand serait-elle enfin entière?