journal intime,poésie,spectacles peinture
Elle fixe le précipice
longuement
Elle se laisse happer par le vide
Elle imagine
son corps déchiqueté
son visage défiguré
Elle jouit
de la violence
du choc final
Enfin la délivrance
Enfin le repos
Enfin délivrée de son corps
Elle peut s'envoler
aimer
tel un pur esprit
d'un pur amour
ne plus subir les contraintes
de ce corps imbécile
qui crie toujours famine.
Elle rêve
Quelle joie ce corps qui se détruit
là-bas,tout en bas
et elle, qui du haut de la cime,
le contemple et sourit
et reste solidement ancrée
au plus haut rocher.
Enfin libre d'aimer
pour l'amour de l'Amour.
Mais à l'ivresse des premiers instants
suit la désespérance.
Illusion cette liberté désincarnée
Illusion cette délivrance
issue d'un destin refusé
Illusion
Désemparée,déçue de tout mirage,
De son corps elle saisit les morceaux épars
et l'habite à nouveau.
Qui la fera avancer
lucide et confiante
Qui la rendra belle dans sa totalité?
Péniblement parfois
ou joyeusement
sans illusion aucune,
si son amour est assez vrai,
les murs de sa prison sans fin
reculeront
et elle avancera vers la liberté .
pour aimer davantage.