Il ne mentait pas.
Il croyait toujours à tout ce qu'il disait.
Seulement pour lui
ne sont vrais que les mots
qui répondent à une attente.
Alors il offrait à chacun
ce qu'il avait besoin d'entendre.
Et il s'émerveillait
de ce don qu'il avait
de rendre à chacun son sourire.
A sa femme qui rentrait ,
après dix jours d'absence,
il disait très tendrement
que le temps lui avait paru long
sans elle.
Et il fallait voir l'oeil réjoui
avec lequel elle s'en désolait.
Et sans doute se croyait-il sincère
tant sa joie était grande
de la voir ainsi épanouie.
Aux amis de passage,
il disait qu'il avait beaucoup apprécié
d'agir à sa fantaisie
sans déranger sa compagne absente.
Mais,à vrai dire,
ces deux affirmations
sont-elles contradictoires?
Je suis un homme de compromis
disait-il.
Ce qu'il pense vraiment,
face à lui-même,
le sait-il seulement?
Il dit ne pas avoir de morale
mais il est ficelé dans des règles
qu'il accepte bon gré mal gré
tant la peur l'obsède
de ses propres débordements.
Ses paroles
naviguent libres et sans principe.
Ses actes
obéissent aveuglément à la loi.
Celle qui l'aime
doit lui tracer un chemin bien droit.
Les beaux parleurs sont très fragiles,
il faut les entourer de tendresse.