" On peut imaginer qu'un poème se travaille comme une peinture. On pourrait se servir de la page comme d'une toile,disposer dedans les touches d'encre que sont aussi les mots. Le mot rouge à côté du mot rouille (ça fourmille aussitôt de sens et de bruit,comme ça ferait pour deuxpoints de couleur mis sur la toile ensemble,musique et sens que te voilà rêvant devant. Pas besoin non plus que lesmots soient des mots de couleur,tu dis chaudron,tu dis poème c'est pareil ,afflux de sens et de couleur dans leur bruit. On pêut continuer d'en mettre d'autres,des mots,les aligner,les jeter comme un peu partout,raturer,récrire,bientôt voilà le fond plein d'encre,tu lis de plus en plus mal,mais des épaisseurs,des transparences : ça qui paraît, à quel moment le poème a-t-il été une peinture ? Et maintenant qu'est-ce qu'on voit?"
J'ai trouvé ce texte dans "La peinture du poème s'en va" de James Sacré chez l'éditeur Tarabuste et j'ai trouvé intéressant ce parrallèle entre le poème et la peinture...La peinture suggère des images,des pensées,des rêves...Et lles mots nous donnent à voir des couleurs,des formes..Les deux arts sont finalement très proches et j'admire ceux qui peuvent les pratiquer l'un et l'autre;