"De quoi parlez-vous,"Cela les arrête instantanément...Que répondre?
Pour montrer leur bonne volonté,ils résument le sujet de leur conversation....
A la moue de leur interlocuteur,ils comprennent qu'ils ont eu tort,qu'ils auraient dû se taire et risquer sa désapprobation,son incompréhension...C'eut été préférable à ce mépris larvé sous jacent qui se révèle dans cette moue dubitative. Et puis réduire le dialogue qui les a unis avant son arrivée de façon aussi grossière,aussi simpliste,c'est lui enlever toute sa saveur.
Il est des questions qui ne permettent aucune réponse et celui qui les pose devrait comprendre qu'il n'a rien à attendre;..et que seul le silence est juste...Plus exactement,c'est la façon dont la question est posée qui ne permet pas une vraie réponse.
Mais alors pourquoi a-t-il posé cette question ? Il a cru leur faire plaisir,habitué qu'il està s'avancer avec des formules toutes faites et à simuler ainsi un intérêt qu'il est bien incapable d'éprouver réellement....
Et si les deux autres lui avaient dit qu'ils voyaient clair en lui et qu'il masquait mal son indifférence,il aurait été tout égaré et sans doute aurait-il été sincère :"Pourquoi,aurait-il pensé,alors qu'il s'efforce d'être gentil, l'agresse-t-on d'une phrase assassine?
Il a pris l'habitude de vivre ainsi : toujours à double face,fuyant et plein de replis secrets. Et il se joue si bien la comédie à lui-même qu'il s'y laisse prendre....Peut-être est-il le seul?