Pour justifier sa vie en courant d'air,il déversa un long discours pré-établi à l'avance dans lequel il n'y avait plus une once de vérité. La première fois qu'il avait affirmé que la fatigue était dans la tête et que,lui, se délassait très bien en changeant d'activité et en prenant la vie comme un jeu,il avait sans doute honnêtement dévoilé sa façon d'être mais à présent tous les mots qu'il prononçait n'étaient qu'un trompe l'oeil:il avait besoin de croire lui-même et de faire croire aux autres que,tel qu'il vivait,il avait atteint un équilibre satisfaisant,il avait besoin qu'on l'admire et qu'on découvre en lui une certaine sagesse...Le sage qui sait apprécier un verre d'eau,la beauté d'un bateau sur le Rhône alors qu'il circule au ralenti sur le pont et que les autres conducteurs se contractent au volant de leur voiture...
Il fait le beau,il s'abrite derrière de belles phrases qui ébahissent celles qui ne le connaissent guère mais qui sonnent creux pour ses proches qui continuent de l'aimer même s'ils s'attristent de le voir renouveler ce numéro qui sonne de plus en plus faux.