journal intime,poésie,spectacles peinture
Dans le sac du campeur
la gourde s'est vidée
le pull s'est trempé
et les pages du carnet de bord
sont délavées.
Dans la cuisine bien astiquée
de la ménagère modèle
l'homme est rentré
a bu son verre de vin
est parti
derrière lui
sur la table
une tache noire et rouge
Dans la rivière
les galets impertubables
que l'eau roule et lisse
cèdent à ses lancinantes caresses
et candidesz
se laissent creuser jusqu'à leur coeur.
dans la lettre que je t'ai écrite
et que si longtemps j'ai hésité à t'envoyer
t'ai-je atteint trop profond
ou n'ai-je effleuré que ton armure?
Et si j'ai ouvert ta blessure
est-ce pour tegrandir
ou pour t'amoindrir?
Et dans cette eau dormante
où j'ai voulu me mirer
était-ce mon image qui se reflétait
ou celle d'une que je ne connais pas
qui tantôt me tire en avant
et tantôt me tire en arrière?
Sur les vêtements
que la mère égarée
plie et replie
cherchant en vain
l'enfant disparu,la tâche de beurre
est toujours là
mais ,lui,l'enfant n'est plus
et l'invisible
seul
devient réel.