journal intime,poésie,spectacles peinture
Je retrouve ce texte écrit il y a presque vingt ans et,grâce à la magie des mots,cette famille qui nous fut voisine un ou deux ans seulement et que j'avais oubliée,je la retrouve intacte dans mon souvenir
J'entends la voisine.Elle accueille son mari qui revient du travail.Tout à l'heure,ses trois filles ont nettoyé le jardin avec elle;
-Quelle belle famille unie!,me dis-je...
Est-ce du dépit ou de la moquerie de ma part?
-Ils ont chanté toute l'après-midi,dit-elle à son mari en parlant des oiseaux.
Après un silence,elle ajoute:"ma mère m'a téléphoné et m'a dit que ce n'était pas encore le moment de tailler les rosiers".Maintenant,ils se sont éloignés et je n'entends plus que le murmure de leurs voix...
Trop de mouvement fatigue et donne une fausse illusion de vie mais trop de stabilité est tout aussi lassante et feinte harmonie.
Et je rêve d'une tornade qui délicieusement sème le trouble dans leurs journées si méticuleusement réglées afin que ce trouble les révèle à eux-mêmes et accroisse leurs potentialités...Et après avoir donné,en secret,différentes formes à cette tornade bienfaitrice,je rêve aussi de goûter,ne serait-ce que quelques instants,à la douceur de cette vie familiale trop bien huilée...pour ensuite repartir,sans regret,vers une vie moins clémente mais source de joies plus violentes et plus libres.