Je suis venue vers toi... J'avais un tel besoin de parler,de raconter,de tenter de comprendre ce que je vis et qui m'étouffe...
Après un bref regard sur moi,pâle et défaite,après un bonjour inaudible et une brève invitation à m'asseoir,tu t'es replongée dans ton livre...
Je ne crois pas que tu le lisais vraiment mais il t'importait de me faire comprendre que mes jérémiades t'importaient peu...
J'aurais dû ne pas t'importuner davantage et te quitter rapidement mais je n'arrivais pas à faire confiance à mon intuition...
Ce n'était pas toi qui m'accueillais ainsi..Toi qui m'avais accueilli si chaleureusement lors de notre première rencontre...C'était un leurre...Ton attitude niait tout ce qui nous avait unis jusqu'alors...C'était un mauvais rêve...
Et je m'étais assise,à tes côtés,espérant le miracle qui me permettrait de te retrouver telle que je croyais te connaître...
Mais les minutes s'écoulaient et j'étais de plus en plus mal à l'aise et toi de plus en plus hautaine et indifférente...
L'humiliation et la stupéfaction étaient si forts en moi que j'en étais paralysée...
Je ne sais pas comment j'ai trouvé la force de me lever et de rentrer chez moi..
.Je ne sais pas ce que j'ai fait ensuite...
Je sais seulement que je ne t'ai plus jamais revue et que la seule évocation de ton nom réveille en moi une douleur aigüe.
C'est un texte pour Papier Libre
et le tableau est de Fantin- Latour