journal intime,poésie,spectacles peinture
Par deux fois déjà,je vous ai parlé des boîtes aux lettres de mon village.
D'abord,elles étaient trois,plantées sur un piquet,au bord du chemin,trois qui jasaient comme des pipelettes et se racontaient les nouvelles du quartier.
Puis ce fut une drôle de boîte,posée là,sans plus de cérémonie,sans aucun nom écrit dessus,mais le facteur savait..et le courrier arrive...
Aujourd'hui,je vais vous parler de madame ma voisine.Elle,elle est l'unique,dans tout le village,elle,elle n'a pas de boîte aux lettres.Et le facteur doit traverser tout le jardin pour aller jusqu'à sa porte et glisser le journal derrière les barreaux en bois si elle n'est pas là.
Mais génèralement,elle est là,elle attend le facteur,et elle lui offre un café ou un sirop,ou un vin de noix fait maison...Et ils s'arrêtent tous,le titulaire comme les remplaçants ou remplaçantes...Ainsi,elle est sûre de ne pas rater la visite du facteur et elle collecte les nouvelles.
L'autre soir,je rencontre un des facteurs remplaçants qui s'inquiète,les volets de ma voisine sont fermées depuis trois semaines...Je lui dis qu'elle était partie chez ses enfants mais qu'elle est rentrée ce matin même...
S'il refait la tournée,il pourra faire sa petite pause.
Quand,dans d'autres villes ou villages,je vois ces boîtes aux lettres bien uniformisées et bien regroupées,je me dis que c'est pratique,que l'on gagne du temps,mais du temps pourquoi faire? Si l'on oublie de tisser des liens,à quoi bon?
Et je me réjouis de cette joyeuse diversité qui existe encore chez nous...pas pour longtemps peut-être...