journal intime,poésie,spectacles peinture
Il me téléphone,il est à peine huit heures du matin.
-Je te réveille,me dit-il
-Oui,lui dis-je en riant,je connais bien ses plaisanteries,c'est bien pour ça que tu m'appelles?
Il renchérit:alors,je te dérange?
-Oui,lui dis-je,entrant dans son jeu,lui qui,pour rien au monde,ne voudrait déranger quelqu'un,lui qui a toujours peur de déranger...En fait,s'il appelle,c'est qu'il a besoin de parler et ilest tout seul dans son appartement ,alors n'importe quel prétexte est bon pour engager la conversation.
Après le repas,il rappelle,il vient d'écouter une émission sur France inter et cela lui a semblé intéressant,il me recommande de la chercher sur internet...Puis il me parle de lui,de ses vacances qui n'en sont pas...comme chaque année,rien n'est arrivé,et c'est comme ça,depuis vingt cinq ans,me dit-il,désolé...
J'ai envie de lui dire:"mais pourquoi attends-tu toujours que ce soit l'extérieur qui t'apporte de bonnes choses,ça peut jaillir de toi, c'et ton regard qu'il faut changer".Mais je ne dis rien tant je sais que mes paroles ne pourraient qu'accroître sa peine...Je ne peux que l'écouter,tenter de me mettre à sa place...Et puis,toutà coup,alors que tout semble désespéré,il me dit :
-Ah,ce soir, je suis invité...Tu sais,elle a eu beaucoup de problèmes,mais ça va mieux..."