Jusqu'à seize ans,disait-il,j'ai pris mon père pour un idiot et j'ai tout fait pour qu'il s'en rende compte.Je ne sais pas comment lui vivait ça mais moi,j'en étais profondémént malheureux.
J'attendais qu'il me renvoie la balle,qu'il m'oblige à l'aimer,qu'il me provoque à son tour comme si j'étais un adulte.
Or,lorsqu'il réagissait à mes attaques,il me semblait que j'avais affaire à un enfant de mon âge...il se défendait,comme moi,gamin,je pouvais le faire.
Et j'attendais de rencontrer mon père et j'attends encore malgré moi.
Et pourtant,ce père grand,fort, magnifique et glorieux que jaurais parfois entraîné dans mes jeux et qui m'aurait appris à aimer ce qu'il aime,je sais qu'il n'existe que dans ma tête et dans mon coeur.
Le vrai,mon père,il est là,fragile,maternel,anxieux,papa poule à la tendresse guimauve et il m'aime comme il peut,il est maladroit,il s'est barricadé dans une forteresse intérieure qui lui permet de rester digne...Il sait des tas de choses...Les autres admirent son savoir et s'en refèrent à lui. Il représente pour eux la sagesse, la stabilité...Ils comptent sur lui...Et moi,j'attends encore quelque chose qu'il ne peut pas me donner mais je crois que je commence à le comprendre.