journal intime,poésie,spectacles peinture
texte retrouvé par hasard,il a été écrit il y a vingt ans exactement,il me permet de mesurer le chemin parcouru.
On me déchire,
on me coupe en petits morceaux,
en tout petits morceaux.
Il leur faudra beaucoup de temps pour parvenir à leurs fins
mais ils ne sont pas pressés
et ils aiment les tortures raffinées
Le couteau me caresse très doux malgré le froid de la lame.
Il mord...quand je ne le redoute plus...
quand son long frottement silencieux
me l'a rendu familier
et m'a permis de l'imaginer inoffensif...
le sang jaillit...
Faux frère,couteau,ciseaux,bourreau,
arrêtez-vous.
Cessez de dire que j'invente
et que personne ne me veut du mal.
Cessez de rire de mes frayeurs...
Je l'entends bien,
ce déchirement du papier à l'intérieur de moi...
Je ne peux pas me tromper...
personne ne peut mieux que moi
sentir
ce qui se passe à l'intérieur de moi !
Mon corps est un champ de bataille honteux
Je suis déchirée
ce que cela voulait dire
je l'ignorais
ce lent et fin crissement
qui s'endure en votre esprit et en occupe tout l'espace
qu'il découpe en lambeaux épars.
au dehors,vous avez l'air entier,
à l'intérieur vous êtes en morceaux !
Déchirée
c'est bien cela ,
ce mot est plein de sens
supporterai-je encore le cri de la feuille de papier
quand on la déchire?
Mais cessez de me regarder avec ces yeux -là ?
Etes-vous devenu fou ?
Pourquoi donc avez-vous peur?