journal intime,poésie,spectacles peinture
Ces derniers mois de ton existence,ce ne fut pas toujours l'enfer,loin de là...Ainsi ce soir-là...
Pendant le repas,je parle de ma rencontre avec Fanfan . Fanfanqui a tenu une pizzeria,place de La Pierre à Valence,puis a abandonné,fait des petits métiers par-ci,par-là pour nourrir sa famille,Fanfan qui ne rentrera jamais dans le moule.
Et toi,tu m'écoutes avec grande attention et tu me demandes si je suis pour la révolution. Et tu ajoutes,enthousiaste : "ce serait bien si tu devenais le chef des jeunes qui sont pour la révolution...ça servirait d'exemple,ça montrerait que ,même vieux,on peut avoir des idées...!
Je suis très flattée que tu m'imagines capable d'une telle mission,moi si timorée...Je suis très heureuse que tu sois encore capable d'encore un peu d'enthousiasme,toi qui si souvent te traînes comme un mollusque...Je suis radieuse de sentir à quel point tu m'aimes et me fais fais confiance,même si,dans ta détresse,tu affectes parfois de me mépriser...Ce soir-là,je reprends confiance...C'est toi qui deviendra le chef,plus tard,quand tu te seras trouvé....Mais il n'y aura pas de plus tard...Vingt mois après,tu t'envoles dans l'au-delà...
Quelques mois plus tard,quand je rencontre Fanfan,au hasard d'une rue,je lui raconte ton histoire...Il m'écoute avec la plus grande attention...Comme il est bon,celui qui sait écouter avec tout son coeur !
Ce moment de confiance et d'estime que tu as eu à ce moment-là m'illumine encore...Mais si tu as pu me parler ainsi,c'est parce que ce soir -là,j'étais pleine de joie de vivre...Alors,toi aussi,tu pouvais croire en la vie...Nous étions comme deux vases communicants !