journal intime,poésie,spectacles peinture
Les trois dernières semaines que tu as vécues sur cette terre,nous ne savions pas où tu étais...Nous avons cru,quelle idée absurde,que tu étais parti dans une autre ville...pour ,lors de tes errances,ne plus rencontrer de visages connus,...Les deux premières semaines,l'angoisse me rendait folle...Et puis brusquement,alors que nous étions toujours sans nouvelles...je suis devenue presque sereine,persuadée que tu allais nous revenir pour ton anniversaire(je t'avais même acheté ton cadeau) et que tu allais nous revenir "transformé"...
Je ne me suis pas vraiment trompée...Nous t'avons retrouvé...Transformé,tu l'étais puisque tu gisais...sans vie,froid....pas tout à fait sans vie pourtant...Tu semblais très présent et apaisé,avec tes yeux grand ouverts sur l'infini...Tu avais fait le passage de la vie dans la vie...Personne encore n'avait fermé tes yeux...Ton regard m'a été un cadeau précieux....Le lendemain,quand nous revenons te voir,tes yeux sont clos,tu n'es plus là,ne reste devant nous que ton corps...comme un vêtement inutile....mais j'ai encore envie de m'accrocher à ton apparence...Et je t'embrasse et mes baisers ne te réchauffent pas...Heureusement ,la veille,j'ai vu ton regard...Il est toujours vivant ,au fond de moi
Hier,j'ai cité un fragment d'un poëme de Tilk,je vous le donne en entier car il me touche beaucoup:
"Il ne devrait pas y avoir de regards discrets
Les regards devraient être vrais
Ils devraient par leur éloquence
envelopper et pénètrer
ce qui est regardé
il devraient être le début
d'une longue conversation silencieuse
d'un échange profond
jusqu'à transformer la cible.
Pourquoi gardons-nous jalousement nos regards
Pourquoi ne pas se laisser regarder
Pourquoi tous ces regards voilés
Pourquoi ne pas donner des regards
comme on donne du pain
Pourquoi ne pas partager"