journal intime,poésie,spectacles peinture
Elle était là,
elle était au centre,nul orgueil de sa part.
en ce lieu seulement,
elle pouvait respirer librement,être elle-même entièrement.
Qu'une autre éprouvât la même nécessité intérieure et l'équilibre du groupe où ellese trouvait en était provisoirement anéanti.
Et dès le premier coup d'oeil,elle savait les repèrer,ces éventuelles concurrentes..et elle leur manifestait une hostilité courtoise et de bon aloi jusqu'à ce que l'intruse comprenne son erreur.
Etait-elle belle? Oui,sans doute,comme les félins.
Lascive et passionnée,elle excitait la curiosité de ceux qui l'entouraient et les hommes qu'elle mettait sous sa coupe la regardaient avidement.
Elle avait une façon de leur dire:"ne me regardez pas ainsi,cessez de vouloir me lire comme un livre ouvert" qui les rendait penauds et médusés et les obligeait à rester sur leurs gardes.
Elle avait ainsi une petite cour: chacun participait à son bien-être en répondant à son besoin éperdu d'admiration
.Elle affectait une sereine indifférence et une sympathie diffuse pour tous ceux-là que son rayonnement attirait mais ne partageait-elle pas avec eux une même dépendance?
Son charme n'était-il pas nourri par les hommages toujours renouvelés qu'ils lui adressait? S'ils venaient à lui manquer,n'en serait elle pas amoindrie gravement?
Elle disait n'avoir jamais été jalouse,
jusqu'alors,elle n'avait su que se laisser aimer,ce n'était pas satisfaisant.
Elle est à cette période charnière où elle pressent qu'elle doit se transmuer,et devenir celle qui peut exister sans être regardée et alors elle pourra donner tout l'or pur qui est en elle .
Que vienne ce jour où les délices de l'amour et de l'oubli de soi lui paraîtront plus séduisants et plus gratifiants que tous ceux de la séduction.
Que vienne ce jour où elle saura ce que c'est que d'attendre quelqu'un et de n'être plus seulement celle qui se fait attendre.