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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 18:23

 

L'angoisse,je l'ai connue avant même de naître...
Petite encore,j'ai le souvenir de ces soirées où ma mère pleurait quand , la nuit tombée, mon père tardait à rentrer du travail. Elle imaginait l'accident toujours possible et je pleurais avec elle comme pour alléger sa peine.
 
Plus tard,quand je fus amoureuse et que mon pas encore mari rentrait avec quelque retard, je me surpris à trembler et à perdre pied...exactement comme ma mère...
Un jour, je réagis et soudainement, je décidai que cela suffisait.. je n'allais pas gacher mes soirées comme elle...car c'est toujours le soir que les hommes ne rentrent pas et que l'attente devient de plomb...je n'allais pas harceler celui que j'attendais pour le moindre retard, il m'importait qu'il se sente libre car moi aussi je voulais être libre.
 
Donc, je décidais que cela suffisait, que même si l'attente se prolongeait, je me ferais un point d'honneur de chasser de mon esprit toute idée d'accident...car il suffisait que je n'y pense point pour que l'accident n'arrive point...Ainsi donc c'était mon insouciance même et ma légèreté dans l'attente qui préserverait l'être aimé d'un destin pervers.
Dès lors je connus l'attente dans la sérénité...Inutile de téléphoner à tout bout de champ au moindre déplacement ...
Certains s'y trompèrent et crurent à de l'indifférence. celui que j'attendais s'y trompa aussi parfois...comme si l'amour ne pouvait se vivre que dans la torture...

Mais moi,je sais que mon ennemie l'angoisse est toujours prête à m'étrangler si je n'y veille pas,
toujours prête à me surprendre  au sein même d'une quiétude suave.
Ainsi pourquoi, tout à l'heure, régnait-elle sur moi, pantelante?
Mais je lui ai tordu le cou
Et comme une simple baudruche, je ne l'ai pas vue partir.
Et me voilà seule ,à présent,toute allégée...Elle a desserré ses griffes et je respire largement ,avec étonnement...
J'avais oublié que ce qui allait de soi, le simple fait de respirer librement, pouvait nous quitter et parce que, un moment , elle m'a habitée, je redécouvre ce simple bonheur là.
Merci, ma soeur Angoisse,d'être venue et ,plus encore, d'être partie...Mais je sais que tu reviendras...Je ne sais pas  ce que c'est que de vivre sans cette menace...même quand je me crois sereine, je sens son souffle sur mon dos...et la moindre bagatelle peut suffire à la rendre maîtresse...Oh! Comme je voudrais être légère,de plus en plus légère...Ne plus avoir peur..Etre libre .
 

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Published by gazou - dans Je me souviens
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commentaires

Louis-Paul 11/01/2013 23:42


Ces angoisses font  aussi npartie de ce que je nomme maintenant mes états d'âme et   il suffit de me  dire que cela va passer. Ce ne fût pas toujours le cas, elles me menèrent
à bien des ennuis.


Aujourd'hui, elles sont toujours là mais je les accueille comme tul'écrit en bas de ton billet. Car je suis devenu libre, sans ces "béquilles" qui ont failli avoir raison de moi.


Je te souhaite une belle année.

marie-madeleine 11/01/2013 11:46


Grâce à madame P., ma thérapeute, je gère mieux la plupart de mes émotions, et surtout mon angoisse!

Cecile 10/01/2013 15:48


Très beau texte qui décrit bien l'Angoisse, l'attente douloureuse et ses enfants les éternelles questions.

Christian 09/01/2013 19:13


Bonsoir


 


 


Comme tu dis, c'est l'attente qui est la source de l'angoisse. Il suffirait de se libérer de cette notion de l'attente pour cesser d'être angoissé.     Pas simple quand il
s'agit de ceux que l'on aime. 


 


Mais quelques choses simples aident, comme ne pas donner ou recevoir d'heures précises pour des arrivées. Les africains et les asiatiques ont des notions que nous disons floues sur l'
heure.   Ils n'ont pas de "montre"   Mais je crois que ce sont eux qui ont raison dans la qualité de vie. Le stress de l'attente est supprimé quand il n'y a pas d'heure ! Et
dans bien des cas, nous pouvons vivre ainsi.


 


Bises du grillon

Aude Terrienne :0025: 09/01/2013 13:49


Oh la sale bête cette angoisse, je la connais aussi. 


Tu l'as bien exprimée.