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Dimanche 30 septembre 2007 7 30 /09 /Sep /2007 06:32

mars-2007-020.jpg                             La première fois que je l'invitais à la maison,ce fut pour moi un enchantement.Toutes les ombres de la journée,je les ai oubliées pour ne me souvenir que du sourire merveilleux de cette vieille dame qui allait tranquillement sur ses 80 ans.
   Son excellente mémoire,sa curiosité toujours en alerte,son vif désir de tout comprendre,de tout excuser,son souci de ne pas s'imposer tout en montrant naïvement qu'elle était prête à saisir toutes les bonnes occasions que chacune de ses journées voulait bien lui offrir,son enthousiasme,sa spontanéÏté,tout celame la fit paraître merveilleuse.Elle seule ,parmi tous les adultes qui étaient là, osait être sans marque,sans nul artifice ou parade.
Elle seule ,parce qu'elle n'avait plus rien à gagner dans un fallacieux paraître,osait être simplement elle-même...Et que cela était reposant et doux d'être en sa présence...Comment pouvait-on avoir peur de vieillir en la  voyant si charmante?Comment ne pas dire tout simplement oui à tout ce que la vie nous réserve...oui aux rides puisqu'elles venaient en même temps que l'art de se simplifier...oui aux cheveux blancs qui nous délivrent du souci de plaire?  
    Auparavant,je l'avais rencontrée brièvement au cours de conférences organisées par son fils et j'avais été marquée par le regard admiratif qu'elle posait sur lui et par la joie avec laquelle elle allait l'embrasser avant de partir.N'allez pas croire qu'elle était aveugle,la vieille dame, quand il s'agissait des siens.Elle était,au contraire,étrangement lucide;il est bien vrai que l'amour rend clairvoyant et seul permet une véritable connaissance.Comment être capable d'une attention assez fine et patiente pour deviner et prévenir l'autre si l'amour ne nous guide pas.Les  siens,elle les connaissait mieux que personne.
Inlassablement, elle me parlait d'eux,aucours des rencontres régulières que nous eûmes par la suite;Elle s'acharnait à vouloir tout comprendre...Elle était le témoin souffrant des conflits qui parfois déchirent deux membres d'une famille .
   Elle parlait aussi très souvent  de son mari mort depuis plusieurs années.A certains moments,elle souffrait même de son absence comme s'il venait tout juste de nous quitter.Pour elle alors,le présent et le passé se confondaient dans un éternel présent.
   A chaque rencontre,elle parlait des siens et de tous ceux qui approchaient les siens et qui lui devenaient proches aussitôt.Sa vie n'est qu'un tissu très serré de relations,un tissu chaleureusement,minutieusement et spontanément tissé avec tous ceux que la vie se plaît à lui faire rencontrer et que dans son coeur ,aussitôt,elle fait entrer.
   Les ans et les malheurs ont glissé sur elle sans entamer ses capacités d'accueil,sans ternir ses yeux émerveillés...Et les gens , la voyant pour la première fois,s'étonnent de tant de drôlerie et d'enthousiasme...Certes,elle détient un secret...elle peut en réjouir ceux qui l'approchent.                                                                                                                                     

Par gazou - Publié dans : rencontres
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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 /09 /Sep /2007 09:07

   Hier,je reçois par mail quelques pages de Christiane Singer...Je les avais déjà lues mais un peu oubliées et curieux hasard ! C'est juste ce que j'avais besoin d'entendre à ce moment -là...Je vous fais partager une partie de ce texte:
"il n'y a pas d'un côté le monde avec ses guerres,ses tortures,ses horreurs,et de l'autre les hommes qui s'indignent.Il n'y a qu'un monde.Et tout ce qui respire sous lesoleil partage un souffle,unseul !
   Cette humanité qu'on déverse devant moi comme de l'eau de vaisselle dans l'auge d'un porc est bien la mienne .Je ne puis en rien prétendre être au-dessus d'elle d'un iota.Ce lieu est le mien.Cette misère des coeurs est la mienne...Il n'est rien dont je  ne résonne,dont je ne sois aussi ébranlée,fût-ce à mon insu....
   En dressant un mur contre la haine du monde, sa laideur, sa tristesse,sa vénalité,sa dépression-comme si tout cela ne nous concernait pas-nous nous nous ôtonsl e seul puissant outil de changement: la conscience que ce monde n'est rien d'autre que le précipité chimique de toutes mes pensées,de toutes mes peurs,de toutes mes cruautés.
   Mais dés que je cesse de voir le monde en dehors de moi,séparé de moi pour le réintégrer,l'incorporer ,je suis revenu dans le monde(et le monde est revenu en moi)-alors une issue se dessine,et la sensation d'impuissance cesse !
   Ce lieu que je suis,où je me tiens est transformable.
    A la question:"Que puis-je faire pour le monde?",Susuki Roshi répondait:
    "Clean up your own corner"
     De ce coin nettoyé jaillit la source.
     Qui a dégradé un seul homme a dégradé le monde. qui sauve une âme sera fêté au ciel comme sauveur du monde.
   Voilà la charnière !
   "Celui qui a vu son ombre est plus grand que celui qui a vu les anges".Celui qui a touché ses abîmes et qui a pourtant choisi la vie met le monde debout...."    Christiane Singer
                                                                                       (N'oublie pas les chevaux écumants du passé)        
   

Par gazou - Publié dans : philosophie
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Jeudi 27 septembre 2007 4 27 /09 /Sep /2007 09:01
Hier,sur le blog de faux rêveur (http://www.fauxrêveur.net) j'ai lu un poËme qui m'a beaucoup plu tant par la forme que par le fond...Je voulais mettre un commentaire,mais à le lire,j'ai attrapé le tournis.Ce matin, j'ai retrouvé mes esprits...Il faut dire que le poËme s'appelle "Tournoiement"
   On peut avancer en tournoyant et même en tournicotant...L'essentiel est d'être dans le mouvement,de savourer tous les ins tants qui nous sont offerts,de les savourer intensément,justement parce qu'ils sont éphémères et toujours changeants...Le tournoiement est une façon d'avancer à laquelle je n'avais pas songé mais qui,je crois me convient assez....Avancer tout en dansant,n'est-ce pas amusant !Transformer nos faux pas en une valse et un éclat de rire ! Plus de drame !Soyons légers et dansons !
  Pour ne pas attraper le tournis,il suffit de changer de sens assez souvent :tantôt à droite,tantôt à gauche, et la tête reste bien droite,dans un équilibre harmonieux.Celà doit provoquer,à la longue,une légère ivresse,une douce euphorie mais Baudelaire nous l'a bien dit :'Il faut être toujours ivre...de vin, de poésie oude vertu à votre guise".
  Tournoyer,cela ne veut pas dire se laisser emporter,tel un fétu de paille ,par le premier vent venu...Le premier n'est pas toujours le meilleur et un peu de discernement contribue beaucoup à rendre la vie bonne et même délicieuse mais il est bon cependant de se garder assez disponible,de laisser place à l'imprévu  ...La tâche est longue...Allons donc de l'avant tout en tournoyant !
  Et quant à ceux que la peur emprisonne et que le chan gement affolle,je leur souhaite de tout coeur  qu'un jour un être plein de tendresse les approche  et les accepte tels qu'ils sont et, de morts vivants qu'ils étaient ,leur permette enfin d'accéder à la vie toujours changeante, toujours nouvelle....
  Merci encore à ce poême et à ce délicieux tournis.
Par gazou - Publié dans : philosophie
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Mardi 25 septembre 2007 2 25 /09 /Sep /2007 13:02

Ce  matin,je me réveille en me demandant ce que je vais écrire sur mon blog...J'ouvre l'ordinateur...Surprise !L'administration est en dérangement ou en réamènagement,je ne peux accéder à mon blog...Il faut  attendre !je vais faire une petite ballade...Je songe aux paroles de Osho et aux commentaires qu'elles ont provoqués...Combien il est difficile de se comprendre avec des mots ; les mêmes mots ayant un sens différent pour chacun...Peut-être;le mime Marceau arrivait à une communication plus fine rien qu'avec ses gestes et son regard...On dit que lorsqu'il rencontra Charlie Chaplin (Et Dieu sait s'ils avaient envie de se rencontrer ces deux -là),ils se sont simplement regardés longuement,ils n'ont pas échangé un seul mot,ils se sont tout dit avec les yeux...Pourtant,si imparfaits soient-ils,les mots nous sont bien nécessaires...Pour qu'ils gardent toute leur saveur,peut-être faut-il les assaisonner de beaucoup de silence !
   Pour en revenir au mime Marceau,j'ai recueilli quelques témoignages qui m'ont touchée:
                                              "  Il disait en silence
                                                il réchauffait le froid
                                                il laisse la scène au brouhaha"   Arevako
"Il était le silence incarné,le silence parlant du corps dans les blancs du visage..Au point qu'on ne se souvient pas même de sa voix,et s'il en avait une..Et pourtant quel langage que le sien !Troublant,drôle de tristesse,presque effacé,diaphane,d'une poésie lente..Les vies qu'il mimait étaient tenues comme sur un fil.Des vies d'oiseaux muets et hésitants.Des questions sans réponses....Il ne bavardait pas avec son corps,c'est un peu de son âme qui passait.Mais voilà déjà trop de mots pour celui qui n'en avait nul besoin."    Bruno Frappat   

Par gazou - Publié dans : Les mots
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Lundi 24 septembre 2007 1 24 /09 /Sep /2007 08:50
C'est un poËme de Jean Rousselot (Petits poemes pour coeurs pas cuits)...Je le connais depuis longtemps et je l'ai retrouvé avec un grand bonheur...Savoir parler avec autant de clarté aux petits comme aux grands,c'est vraiment remarquable.
     "  Si tu vois un escargot en panne,
       n'interviens pas.Il s'en tirera tout seul.
       Tu pourrais le vexer.Ou bien- qui sait?-
       le rendre malade.

       Même conseil en ce qui concerne les étoiles.
       Si tu en vois une qui n'est pas à sa place,
       sur les étagères du ciel,
       dis-toi qu'elle doit avoir ses raisons.

       Il n'est pas recommandé non plus
        de pousser la rivière dans le dos
       pour qu'elle aille plus vite:
       elle fait son possible.

       Ah! j'oubliais:les cailloux font ce qu'ils peuvent,
                               eux aussi,
        en attendant d'aller dans la bétonneuse.
       Evite donc de leur donner des coups de pied,
                          même en douce."
      
Par gazou - Publié dans : poésie
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Dimanche 23 septembre 2007 7 23 /09 /Sep /2007 01:32
Descendant les marches de l'escalier,une femme raconte à une autre,sur le ton de la conversation ordinaire,la catastrophe survenue à sa fille;D'une voix neutre,avec seulement quelques vibrations se crètes,intimément pour rendre l'oreille attentive,elle dit:
-sa fille seule dans sa maison,devant sa cheminée,soudain transformée en torche vive
-l'eau qu'elle verse sur elle-même pour briser l'incendie
-ses visites à l'hôpital,elle,la mère
"ma fille,où je t'embrasse?
tu n'as plus que tes yeux
ton corps est une plaie
et je ne peux te toucher"
-le mari,effondré,qui ne cesse de pleurer
-les enfants,tout petits,épouvantés,
"maman,maman,elle n'est pas là!"
-la vie ...arrêtée
l'avenir..tissu d' angoisse
Ce fut une catastrophe,répète calmement la femme
Et maintenant? demande l'autre d'une voix sourde.
-"Elle est chez elle,on lui a gardé ses petits pendant tout ce temps
Ma fille,reprend elle,comme elle était belle avec ses cheveux noirs si longs,ils ont tout brûlé,elle les a perdus"
L'autre n'ose plus poser de questions....La vie continue...
Moi,silencieuse,j'ai vécu le drame,au seul son de cette voix dont le calme rendait plus intense la douleur.C'est avec détachement qu'elle parlait d'elle et c'en étiat d'autant plus émouvant...
Je me réveille,dans la nuit, avec un souvenir de rêve...Je suis devenue cette fille
mais le pourquoi et le parce que
dans mon souvenir se confondent
Suis-je  plaie vive parce que mon corps dédaigné ne peut vivre que brûlé?Où refuse -t-on de m'accueillir parce que je suis devenue intouchable?Je ne sais .Qu'importe!
Mais étrangement,ce rêve est paisible:je suis incendiée,
                                                                       je suis défigurée,
                                                                       mais vivante je suis,
                                                                       ce n' est pas triste,
                                                                        celà est ainsi,
                                                                       celà se vit,
                                                                       mes deux yeux sont intacts.
C'était un rêve.Maintenant,bien réveillée,je plonge dans la réalité de  cette jeune femme et de sa famille ...de sa lente remontée.
Comment réapprend on les gestes de la vie...et le contact avec les autres...quand si brusquement la vie nous oblige à devenir une autre?
Je voudrais connaître cette femme,je voudrais l'avoir connue avant
Je n'oublierai pas sa mère,croisée un soir, dans un hall d'entrée...C'est sa simplicité grandiose, devant le malheur qui m'a si fort touchée...et je suis devenue brûlée vive...;
Par gazou - Publié dans : rencontres
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Jeudi 20 septembre 2007 4 20 /09 /Sep /2007 08:01
  Excellente nuit...Presque huit heures de sommeil,d'une seule traite,ce qui est rare....Et pourtant,je n'arrive pas à sortir du lit,je m'attarde sous la douceur de la couette (ça aussi,ce n'est pas dans mes habitudes) et je me  réconforte en songeant aux bons moments des journées passées : à l'appel télé phonique de Myriam,aux commentaires reçus ces temps derniers et qui me confortent dans l'idée que ce que j'écris a aussi de l'intérêt pour les autres,que c'est un partage...Je songe aussi à la tendresse de Bernard,aux sourires de mes petits enfants,aux bellles ballades faites ce week-end avec les amis, à la découverte,hier,au volant de ma voiture, des chansons de Lili Boniche (ça me met le coeur en fête),aux lectures enrichissantes de ces derniers jours (blogs,romans,livres de réflexion)....
  Je songe aussi à la conférence où je suis allée hier(parfois,je suis déçue,le conférencier se perd et nous perd dans un discours compliqué,je me sens bête et je regrette de m'être déplacée)mais hier,la jeune prof de philo qui s'adressait à nous ,nous parlait  de Héloîse et Abélard et de leur amour merveilleux et impossible.En termes limpides et passionnés,elle nous montre comment cet amour si charnel et intellectuel au départ devient ensuite ,par la force des choses  et grâce à leur courage aussi,un amour spirituel....Y a de quoi réfléchir !  
  Mais tout à coup l'élan me vient,il est temps de se lever, la journée va être bonne !
Par gazou - Publié dans : journal intime
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Mardi 18 septembre 2007 2 18 /09 /Sep /2007 08:13

(Il y a longtemps,j'étais ainsi)
Corps crispé,
corps guindé,
corps inhabité,
corps qui pend
comme vieille loque,
la danse est là
et ton corps résiste 
malgré toi.
Ton âme résiste,
tu restes cloué;
rivé comme un clou
trop rouillé

Par gazou - Publié dans : Je me souviens
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Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /Sep /2007 02:30
Le mal existe-t-il? Comment en douter?
Le mal pourrait-il être évité? N'a-t-il pas sa raison d'être?
Notre monde n'étant qu'humain et donc imparfait,comment le mal pourrait-il ne pas être?
Voici quelques réflexions que j'ai glanées au cours de mes lectures

"Le mal est le bien en formation mais pas encore prêt"  Gitta Mallasz

La nuit où le Bouddha devait atteindre l'éveil,on dit qu'il s'est assis sous un arbre.Les forces de Mara lui lançaient des flèches pour l'en empêcher,mais sa conscience éveillée lui permettait de changer leurs armes en fleurs....au lieu de chercher à se débarrasser d'un obstacle ou de croire qu'on est victime d'une attaque,on peut se servir de l'obstacle pour voir comment on agit lorsqu'on se retrouve coincé.Est-ce qu'on se referme ou est -ce qu'on s'ouvre?Est-ce qu'on a du ressentiment ou est-ce qu'on s'attendrit?On s'assagit ou on devient stupide?                                                                                                 Pema Chödrön

"La perfection,c'est de l'imparfait qui aime et se donne"              Marc Vella

Alors pas de quoi s'ennuyer,y a de quoi faire !Eh oui, ça peut remplir une vie.
Par gazou - Publié dans : philosophie
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Jeudi 13 septembre 2007 4 13 /09 /Sep /2007 11:35

C'est toujours au moment où on ne s'inquiète plus du résultat que l'inspiration vient.Créer n'a rien de personnel,c'est l'oeuvre de l'univers.La création vient d'unprofond respect de celà.     Jean Bouchart d'Orval
                                                                                                                                                         (Au coeur de l'instant)

Par gazou - Publié dans : citations
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